Préservatif

Le préservatif est un étui mince et souple, imperméable au sang ainsi qu'aux sécrétions vaginales et péniennes. Il en existe deux types : le préservatif masculin et le préservatif féminin, d'introduction plus récente.



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Définitions :

  • est une fine enveloppe de latex qui se place sur le pénis en érection avant le rapport sexuel et protège des infections sexuellement... (source : cpfmidi)

Le préservatif est un étui mince et souple, imperméable au sang ainsi qu'aux sécrétions vaginales et péniennes. Il en existe deux types : le préservatif masculin et le préservatif féminin, d'introduction plus récente. Le premier est aussi appelé condom, ou plus familièrement capote ou capote anglaise.

Le préservatif, correctement utilisé lors d'une relation sexuelle, est l'unique contraceptif qui protège aussi des infections sexuellement transmissibles (IST).

Le préservatif est né 3 000 ans avant JC. Les soldats égyptiens souhaitant se protéger des maladies vénériennes avec boyaux de mouton ou de vessie de porc. Par la suite, le préservatif deviendra aussi un moyen de contraception, qu'il soit en papier de soie huilé, en soie ou en velours.

Il sera ainsi interdit à plusieurs reprises car accusé de faciliter la débauche.

Gabriele Falloppio, médecin italien, en propose l'utilisation pour se protéger de la syphilis dans un rédigé datant de 1564 qui fait l'éloge de son efficacité[1].

Le premier préservatif en caoutchouc est découvert en 1880 par la compagnie de pneumatiques Goodyear Tire & Rubber, soit 40 ans après la découverte de la vulcanisation du caoutchouc. Il est lavable après usage et garanti cinq ans.

Une page extraite de De Morbo Gallico (La maladie française, traité de Gabriele Falloppio sur la syphilis. Publié en 1564, il décrit, peut être pour la première fois, l'usage du condom

Efficacité dans la prévention des IST

L'efficacité du préservatif dans la prévention des IST n'est connue qu'approximativement, et fluctue, selon les études disponibles, entre 60 et 96 % à peu près (par exemple, une méta-étude de 1993 conclut à une réduction du risque de 69 %[2] ; une autre étude de 1994 donne 87% moyenné (entre 60% et 96%) [3] même si ces études concluent au peu de fiabilité de leurs propres mesures). Elle est sensiblement moindre dans le cas de l'herpès génital[4]..

Un rapport du National Institutes of Health (agence gouvernementale américaine), paru en 2000, relève une réduction de 85 % du risque de transmission du virus HIV en cas d'utilisation correcte et systématique de préservatifs en latex[5]

Une estimation analogue est reprise dans le rapport de l'OMS [6] : L'utilisation correcte et systématique du préservatif masculin diminué le risque de transmission sexuelle du VIH de 80-90%.

Efficacité dans le contrôle des naissances

Son efficacité comme contraceptif est mieux connue. Son indice de Pearl va de 2 à 15 % d'échec pour le préservatif masculin et de 5 à 25 % d'échec pour le préservatif féminin.

Les études ont montré aussi qu'une part non négligeable de ce manque de fiabilité provient fréquemment d'une mauvaise éducation quant au port du préservatif. La principale problématique mise en avant reste principalement celle d'une mauvaise pose du préservatif et d'une mauvaise connaissance du système.

Exemples :

  • problématiques mécaniques (déchirures, fissures même microscopiques laissent passer les sécrétions)  ;
  • utilisation de préservatifs ayant dépassé leur date limite d'utilisation ;
  • utilisation de corps gras rendant le matériel poreux augmentant le risque de rupture car latex fragilisé.
  • manque de lubrifiant, y compris lors de rapports vaginaux mais en particulier en ce qui concerne les rapports anaux.

Voici d'autres exemples de mauvaise utilisation et la conséquence lors des rapports génitaux ou anaux (plus risqués concernant la transmission du VIH)  :

  • trop large, un préservatif ne tient pas en place ;
  • trop petit ou trop fin (rapport anaux, en particulier), un préservatif se fissure ou alors craquèle ;
  • des bulles d'air entre la verge et le préservatif mal déroulé provoquent des craquements ;
  • le non respect de la poche de réserve peut aussi être à l'origine d'éclatements locaux et minuscules mais dangereux ;
  • l'utilisation de deux préservatifs en même temps est à l'origine de déchirure.


Préservatif masculin

Le condom masculin est le plus souvent en latex. Il se place sur le pénis en érection, avant une relation sexuelle mettant en contact le sexe masculin et une muqueuse ; il remplit deux fonctions :

  • prophylactique, pour éviter la propagation de maladies et d'infections sexuellement transmissibles (MST et IST)  ;
  • contraceptive, pour éviter la procréation non désirée.

Le préservatif masculin doit respecter des normes strictes. [7] Les différents contrôles peuvent concerner les dimensions, les volumes et pressions d'éclatement, la résistance à la traction avant et après vieillissement, l'absence de perforations, la stabilité des couleurs, la résistance au stockage, les emballages.

Cas d'utilisation :

Précautions d'utilisation :

  • un préservatif est périmé au bout de 5 ans ;
  • il ne s'utilise qu'une seule fois ;
  • il doit être conservé dans un lieu frais et sec ;
  • il ne faut jamais utiliser deux préservatifs l'un sur l'autre ;
  • il doit être retiré de sa pochette avec les mains et non avec ciseaux ou d'ustensiles coupants sous peine de l'endommager ; il doit ensuite être manipulé avec attention en évitant le contact avec les ongles
  • en cas de rapports vaginaux durant plus d'une dizaine de minutes, et en cas de rapports anaux, l'usage des gels lubrifiants, vendus entre autres en pharmacies et en grandes surfaces, est recommandé. Les corps gras (crèmes, huiles, vaseline par exemple) sont fortement déconseillés avec les préservatifs en latex car ils les rendent poreux, et par conséquent inefficaces.
Pose d'un préservatif masculin - 1 : Préservatif - 2 : Pénis en érection - 3 : Placer le préservatif sur le gland du pénis, en faisant bien attention au sens de déroulage - 4 : Pincer et maintenir le réservoir pour enlever l'air - 5 à 8 : Dérouler le préservatif jusqu'à la base du pénis

Les différents préservatifs masculins

Des préservatifs avec des caractéristiques différentes existent : la taille, la texture, les parfums, mais également le lubrifiant fluctuent.

Un préservatif peut mesurer entre 170 et 215 mm de longueur et de 49 à 60 millimètres de diamètre, pour les préservatifs européens.

  • Les préservatifs standards sont ceux disponibles dans les distributeurs (en France, localisés devant les pharmacies, et dans les lycées).
  • Les préservatifs plus fins ont une épaisseur de 40 à 55 micromètres.
  • Le préservatif le plus fin vendu en Europe a une épaisseur de 15 micromètres.
  • Certains préservatifs sont mieux lubrifiés. Cela sert à contourner les problèmes de sécheresse vaginale. La lubrification est aussi le garant d'un confort plus important et réduit aussi le risque de rupture... attention cependant à bien utiliser des gels lubrifiant compatibles avec les préservatifs en latex (sans corps gras).
  • Des préservatifs grande taille existent.
  • Pour les personnes allergiques au latex, des préservatifs sans latex existent. Attention, si certains modèles sont effectivement sans latex (cas du Durex avanti par exemple), d'autres ne sont que déprotéinéisés du latex... mais des traces peuvent demeurer présentes.
  • Des préservatifs avec des nervures existent.
  • Certains préservatifs sont colorés ou parfumés : par exemple : rose, orange, à la fraise, à la menthe, ou à la vanille. Il en existe même des phosphorescents.

Préservatif féminin

Le préservatif féminin est le pendant du préservatif masculin adapté à la morphologie de l'organe sexuel féminin. Ce système se compose d'une fine gaine en polyuréthane (pour éviter les problèmes d'allergie du latex) pourvue d'un anneau souple à chaque extrémité. L'anneau du côté fermé se tord et se place dans le vagin tandis que l'autre bout prend place à l'extérieur et recouvre les parties génitales.

Au même titre que le préservatif masculin, le préservatif féminin est à la fois contraceptif et protège des maladies sexuellement transmissibles (MST). L'anneau interne peut être retiré pour plus de confort mais également pour les rapports anaux (cependant aucune étude scientifique à ce jour ne garantit que cette pratique est aussi fiable que quand l'anneau interne est présent). L'anneau sert alors de guide pour positionner le préservatif, mais aussi pour en faciliter le maintien lors des rapports sexuels. Une fois retiré, le préservatif féminin doit être jeté. Son utilisation doit impérativement être limitée à un seul partenaire, afin d'éviter les transmissions de virus entre deux partenaires masculins successifs.

En France, des efforts sont entrepris pour la promotion de ce préservatif car il est actuellement l'unique moyen de contraception et de protection contre le VIH et les IST entièrement contrôlé par les femmes. En effet, le préservatif féminin ne requiert pas l'approbation du partenaire masculin car il peut être mis en place aisément quelques heures avant un rapport sexuel ; quoique ce dernier se voie légèrement de l'extérieur (sur les lèvres vaginales), et qu'il peut être préférable d'avertir son partenaire de l'utilisation d'un préservatif féminin. Les deux principaux obstacles à sa diffusion sont son aspect (rebutant au premier abord, il souffre en fait du même obstacle fait au préservatif masculin dans les années 1990) et son coût, qui a cependant diminué de moitié en 2007 (en 2008, de l'ordre de 1€ l'unité) grâce à une nouvelle formule en nitrile synthétique moins cher à produire que le polyuréthane.

Avantages généralement cités pour ce préservatif :

  • il est particulièrement solide (moins de risque de déchirure qu'avec les préservatifs en latex)  ;
  • il est particulièrement doux et agréable, mais fait un tout petit peu de bruit.
  • cependant, attention aux ongles ainsi qu'aux bijoux, qui pourraient l'endommager et le rendre hors service. (perforation)
  • il peut etre utilisé avec un lubrifiant a base d'eau, ce qui le rend tres agréable, et perfectionne le confort. le lubrifiant original laisse légèrement a désirer, et colle légèrement.

le gel lavant intime pour femmes fonctionne avec ce produit, sans l'altérer.

  • il peut être posé longtemps avant le rapport, ce qui n'interrompt pas les préliminaires ;
  • après éjaculation, il n'impose pas le retrait immédiat ;
  • il ne serre pas le sexe masculin, servant à meilleurs sensations au niveau du pénis (inconvénient fréquemment cité au sujet du préservatif masculin ; à noter que dans les conditions normales d'utilisation, l'anneau interne n'est pas ressenti par le partenaire masculin)  ;
  • il ne provoque pas d'allergie, car il n'est pas en latex mais en polyuréthane pour sa première version ou en nitrile synthétique pour la seconde pour diminuer le coût de production.
  • les préservatifs sans latex sont plus perméables aux échanges de chaleur et de mouvements

La majorité des préservatifs masculins étant constitués de latex, ils peuvent déclencher des réactions allergiques (démangeaisons, rougeurs, brûlures). Il existe des produits alternatifs[8] (préservatifs masculins et féminins) sans latex permettant à tous de se protéger. Cependant, le coût de tels produits est légèrement plus élevé.

Industrie du préservatif en France

Après une hausse importante au début des années 90, les ventes de préservatifs ont ensuite lentement baissé avant de connaître un rebond à partir de 2003. En France, le chiffre d'affaires du secteur est de 47 millions d'euros soit plus de 55 millions de préservatifs vendus en 2005 avec une forte saisonnalité, plus de 40 % des ventes se situant au cours de la période estivale.

Les 4 leaders avec d'avantage de 98 % du marché français sont les sociétés anglaise Durex (aussi leader mondial) 35 % des ventes, australienne Manix 24, 5%, allemande Hansaplast avec 21% et française Laboratoires Juva (marque Intimy) avec 20%. Depuis 2005 à peu près, le marketing des fabricants cherche à gommer l'aspect médical et prévention pour mettre en avant l'aspect sensation avec le lancement de nouveaux produits censés apporter plus de plaisir et de sensations aux utilisateurs, générant une valeur ajoutée au produit permettant d'augmenter leurs tarifs.

La polémique s'est augmentée en 2006 sur le prix des préservatifs, jugé trop élevé au vu de son coût de fabrication (entre 5 et 10 centimes d'euros). Le Ministère de la Santé, alarmé par la recrudescence d'IST auprès des jeunes ou des personnes défavorisées, a tenté en 2006 une médiation auprès des fabricants pour obtenir de ces derniers la commercialisation d'un préservatif à bas prix. Les Laboratoires Demapharm ont dans un premier temps répondu à ce souhait en mettant au point un distributeur automatique de préservatifs de marque française "Star", distribuant une pochette unitaire de préservatif à forme anatomique à 20 centimes d'euros. Cette société propose aux établissements scolaires cet appareil depuis janvier 2006. Début septembre 2006, plusieurs dizaines d'établissements scolaires en avaient installé. En fin 2006, à l'occasion de la journée mondiale contre le SIDA, le ministère de la santé fait la promotion du préservatif masculin à 20 centimes d'euros en lançant finalement la généralisation de sa vente, distribué par conséquent dans de nombreux points de presse, bureaux de tabac, et pharmacies[9]. La présence des préservatifs dans les lycées est ensuite promue par la circulaire n°2006-204 du 11 décembre 2006, pour renforcer l'accessibilité des lycéens aux moyens de protection par l'installation de distributeurs automatiques de préservatifs au sein de l'établissement.

Les différentes marques de préservatifs

Positions et attitudes des religions

Le rapport au préservatif au sein de l'Église catholique romaine est assez contrasté.

En 1968, l'usage du préservatif, comme moyen artificiel de contraception, est refusé par la hiérarchie de l'Église catholique. L'encyclique Humanæ Vitæ rédigée par Paul VI et datant de cette même année, précise dans son article 14 : «Moyens illicites de régulation des naissances : En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu'est totalement à exclure, (... ) toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation[10]

Après l'élection de Jean-Paul II le 16 octobre 1978, il a été jugé que l'encyclique Humanæ Vitæ avait une vision trop étroite de la sexualité[11]. L'approche du Pape était par conséquent d'expliquer et d'enrichir la position de l'Église dans le domaine de la sexualité, y compris en matière de contraception[12].

Le nouveau pape revoit la question du préservatif à travers la théologie du corps : l'Église donne un objectif : la pleine communion spirituelle et corporelle entre deux personnes, mais si cet objectif est impossible à atteindre (famille déjà trop nombreuse, risque de maladie sexuellement transmissible, ... ), alors la question de la contraception peut se poser[13]. C'est ce qui justifie les divergences de point de vue dans l'Église : elle n'impose rien dans ce domaine, elle propose un chemin à suivre. Ainsi certains évêques acceptent dans certaines conditions l'usage du préservatif[14], d'autres vont jusqu'à déclarer que le préservatif contribue à la propagation du sida, arguant les avantages économiques de l'industrie du préservatif, multimillionnaire et le "fatalisme" des populations[15].

En novembre 2006, Benoît XVI a demandé un rapport sur la licéité de l'utilisation du préservatif dans le combat contre la propagation des infections sexuellement transmissibles au cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la santé.

  1. Moore W Searching for Dr Condom, BMJ, 2008;337 :a1166
  2. A meta-analysis of condom effectiveness in reducin... [Soc Sci Med. 1993] - PubMed Result
  3. The effectiveness of condoms in reducing heterosex... [Fam Plann Perspect. 1999 Nov-Dec] - PubMed Result
  4. Martin ET, Krantz E, GottliebSL et Als. A pooled analysis of the effect of condoms in preventing HSV-2 acquisition, Arch Intern Med, 2009;169 :1233-1240
  5. (en) National Institute of Allergy and Infectious Diseases; National Institutes of Health, Department of Health and Human Services Workshop Summary : Scientific Evidence on Condom Effectiveness for Sexually Transmitted Disease (STD) Prevention
  6. Organisation mondiale de la Santé, département VIH/Sida Interventions prioritaires - prévention, traitement et soins du VIH/SIDA dans le secteur de la santé p. 27 du pdf
  7. La norme qui s'applique en France est la norme ISO 4074 :2002.
  8. Allergies aux préservatifs et solutions
  9. «En France, le préservatif à 20 centimes d'euro généralisé» sur www. sidanet. info
  10. Humanæ vitæ
  11. [... ]il est certain que Karol Wojtyla resta profondément marqué par l'échec d'Humanæ Vitæ et déçu de n'avoir pu faire valoir davantage les travaux [... ] auxquels il avait personnellement participé. Il est permis de penser qu'il réfléchissait à la manière de projeter sur l'amour humain et l'éthique sexuelle une lumière nouvelle. Yves Semen, La sexualité selon Jean-Paul II, p. 59
  12. http ://news. catholique. org/1247-la-theologie-du-corps-de-jean-paul-ii-une
  13. http ://qe. catholique. org/contraception-et-amour-au-naturel/180-l-eglise-et-le-pape-sont-t-ils-contre-le
  14. En 1996, la Conférence des évêques de France déclare le préservatif était un moyen indispensable, bien que insuffisant pour lutter contre l'épidémie. Le cardinal Georges Cottier, théologien personnel de Jean Paul II, déclare en 2005 que l'usage du préservatif pouvait être légitime dans certaines limites strictes. Le cardinal Godfried Danneels, s'est aussi prononcé en 2006 en faveur du préservatif dans le cas où la vie d'un des partenaires serait en danger. Tout cela parmi d'autres in Golias, 16/12/2006
  15. Hugh Slattery, évêque sud africain de Tzaneen : «(... ) plus de préservatifs signifient plus de cas de SIDA et plus de morts» in Zenit, 13/01/2008

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